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Japan Expo 2025 : Bilan & Réflexions

Bonjour à tous et à toutes. Qui connaît Japan Expo ? Je pense qu’à peu près toutes les personnes qui sont en train de me lire en ce moment connaissent de près ou de loin cette convention. Et pour cause, quand on en cite une se déroulant sur le sol français, c’est souvent celle-ci qui revient en premier, et pas étonnant vu le nombre de visiteurs : 230 000 estimés pour cette édition 2025. Ça en fait un paquet de monde mine de rien, et ça montre sa place importante dans l’écosystème économique de produits japonais en France.

Loin de faire un bilan hyper détaillé avec des statistiques et des réflexions hyper approfondies comme l’a déjà fait Amo Aimo sur son blog Néant Vert (dont je ne peux que vous conseiller la lecture), je vais plutôt revenir un peu sur ce que j’ai pu assister là-bas, les discussions que j’y ai faites, tout en faisant un retour rapide sur ce qui a pu être dit concernant l’édition de cette année, sans oublier de raconter un peu ma vie, parce qu’après tout, ça ne mange pas de pain ?

Avertissement : J’ai tenté cette année de m’accréditer pour le compte de mon blog, ce que j’ai finalement réussi à faire à ma grande surprise. Ainsi, j’ai pu venir cette année en tant qu’accrédité presse, ce qui, vous l’admettrez, différencie mon analyse de ceux qui ont payés plein pot leur place et ont fait leur retour en tant que simple visiteur.

Ce bon vieux Goldorak bien sûr. M’enfin, c’est pas du tout un Gundam RX-78-2 ça, non, vraiment pas !

Jeudi

La journée de jeudi est traditionnellement la plus calme du festival, et ce fut manifestement le cas cette année encore. Pour ma part, j’ai commencé tout doucement la convention avec une conférence de Enriqué Fort, le chanteur des premiers génériques de Goldorak, que l’on peut d’ailleurs entendre de nouveau sur les diffusions TV depuis l’année dernière, grâce à la Chaîne Mangas qui rediffuse la série dans son nouveau master HD japonais. Justement, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ce bon vieux UFO Robot Grendizer, il est un peu partout sur ce festival, surtout ce jeudi, étant donné que le 3 juillet, c’est le jour où cette série animée totalement méconnu, douce ironie, a débarqué dans nos vertes contrées sur Antenne 2. Alors, certes, c’est important de célébrer l’origin story de l’animation japonaise en France (encore que beaucoup d’autres séries et films animés japonaiss ont été diffusées auparavant chez nous, mais c’est un autre sujet), mais on commence à frôler un peu l’indigestion, non, d’autant que ce n’est pas la première fois que Goldorak est partout à Japan Expo. Mais en 2025, entre les conférences d’Enrique, ses représentations sur scènes pour chanter ces génériques, la table ronde des 50 ans en fin d’après-midi et l’exposition, c’est vrai que ça commence à faire un peu beaucoup là non ? Après, pour être transparent, étant donné que ce n’est que ma 4ème Japan Expo, et ma 2ème en tant que journaliste présent sur les 4 jours, je n’ai pas ressenti tant que ça cette lassitude, étant donné que j’avais d’autres péroccupations. Et puis, je ne vais pas me plaindre de ça, alors que ça m’aura permis de rencontrer Enriqué et de discuter avec lui. Et que dire d’ailleurs sur lui, si ce n’est que c’est un artiste très sympathique, humble mais fier de ce qu’il a pu faire, et qui mérite largement le soutien du public pour son travail, au delà même de Grendizer. Je n’ai malheureusement pas pu lui demander ce que beaucoup rêvais, à savoir qu’est-ce qui s’est passé suite à son passage dans l’émission de Julien Courbet à l’époque, mais bon, si Japan Expo aime toujours tant que ça Goldorak, il m’est d’avis que j’aurai peut-être ma réponse un de ses jours, on verra bien !

Un trio de comédiens qui ne vous est sans doute pas inconnu si vous êtes fan d’animés.

En parlant de pilier de Japan Expo, inutile de dire que j’ai suivi avec attention, en évènement classique de Japan Expo, la conférence de Brigitte Lecordier sur le doublage sur la scène Yuzu en fin de matinée. D’autant plus que cette fois-ci, une fois n’est pas coutume, elle s’est amusée, avec la complicité d’Arnaud Laurent, la voix de Natsu dans Fairy Tail, mais aussi de ce cher Nessym Guetat (retenez ce nom, on en reparlera plus tard) à organiser un atelier permettant à des néophytes de doubler différents œuvres animés sur scène. De Fairy Tail à La Petite Mort à des productions moins connues, les résultats sont allés du sympathique à l’improbable en passant par le maladroit, malgré la motivation et la bonne volonté indéniable des participants, et les bons conseils des comédiens, qui tels des coachs, conseillait judicieusement les améliorations à apporter une fois l’enregistrement terminé. Cet atelier a sans doute le mérite indéniable de démontrer, une fois de plus, qu’être comédien, plus ou moins spécialisé dans le doublage, c’est un métier qui demande de l’expérience, notamment en ce qui concerne le théâtre, afin d’avoir les bases d’interprétation nécessaire en tant que comédien pour pouvoir jouer au mieux et avec une certaine spontanéité. Cependant, l’exercice démontre également la nécessité d’une bonne appréhension et d’analyse de la situation à doubler sur un temps assez court afin de pouvoir interpréter au mieux avec sa voix le personnage que l’on joue. Dans le fond, cet atelier permet aux néophytes de mieux comprendre le quotidien de ses hommes et ses femmes plus tout à fait dans l’ombre, ses comédiens et ses comédiennes qui nous font vivre et pas seulement retranscrire les émotions des versions originales des oeuvres sur lesquels elles participent par ce procédé presque devenue un art qu’est le doublage. C’est du tout bon donc, et puis qui sait, peut-être qu’un futur comédien émergera parmi ce public de spectateurs qui sera venu voir cela, l’avenir nous le dira !

Cette première journée de Japan Expo, c’est aussi l’occasion de retrouver des bonnes connaissances. L’ami AnimeHD que j’ai croisé pour la première fois, et avec qui j’ai pu discuter, Katsura, Umizugi, les responsables de l’association Kanimy, dont le cofondateur Kawzzen, sans oublier Jonathan Guetta, et son stand JM Productions où la petite équipe se réunit pour organiser des quizz de qualité dans le fun et la bonne humeur, et que je vous recommande d’aller voir la prochaine fois, si l’occasion se présente la fois prochaine, d’autant plus qu’avec l’interdiction des hauts parleurs sur les stands, ils en ont profité pour demander un créneau pour faire un petit quizz pop-culture de haute volée sur une des scènes à disposition. Un quizz auquel votre serviteur n’a pas pu participé hélas, se trouvant à l’autre bout du Parc des Expositions. Mais écoutez, ce sera sans doute pour une autre fois. Je n’oublie pas non plus les responsables du stand de Alltheanime, à qui j’ai demandé tôt le matin si ils avaient le collector partie 1 de Zeta Gundam, mais hélas, très hélas, ils ne les avaient pas. Tant pis, ce sera une autre fois pour espérer trouver ce graal et compléter ma collection de newtype qui se respecte.

L’annonce de Devilman Crybaby en Blu-ray se sera fait tarder, mais là voilà enfin. (Photo de Caly sur le Discord d’AnimeHD)

Bah tiens, puisqu’on parle de Alltheanime, ils ont justement fait une petite conférence pas inintéressante sur leurs éditions, qui ont la petite particularité d’être parfois produite pour le marché français, parfois pour le marché britannique et français, mais aussi, depuis le rachat de Anime Limited par Plaion, pour le marché allemand, britannique ET français en même temps, ce qui n’est pas sans posé quelques difficultés. Globalement, Laëtitia Jedrzejczak, qui est la gérante de production chez eux, ainsi qu’Audrey Martinez, la graphiste, ont pu revenir sur les difficultés de faire un produit uniforme pour l’ensemble des pays, tout en s’adaptant judicieusement aux particularités locales (les classifications comme le FSK en Allemagne, les noms localisés comme Amer Béton au lieu de Tekkonkinkreet en France) ce qui n’est pas pour me déplaire, d’autant que ça permet de mettre en valeur tout ceux qui travaillent sur la chaîne de production d’un Blu-ray. Après, évidemment, le plus attendu, c’était de connaître les nouveaux titres qu’allaient sortir l’éditeur, et les annonces furent effectivement au rendez-vous, avec la suite de Bleach et Bleach TYBW, la série Dandadan qui arrive en Blu-ray (avec sans doute la VF d’ADN à l’instar d’Urusei Yatsura (2022) et The Eminence in Shadow), Cyberpunk Edgerunners (avec oh surprise la VF, merci CD Projekt) et enfin Devilman Crybaby, la série réalisé par ni plus ni moins que Masaaki Yuasa, mais dont on se passera hélas de la VF, Netflix restant Netflix à notre grand désarroi.

Voilà pour cette petite journée plutôt tranquille, riche en conférences intéressantes pour les néophytes, moins pour les connaisseurs, excepté tout de même la conférence de ATA qui abordait une question assez spécifique, mais qui m’a permis de faire quelques rencontres formidables. Mais minute, il reste encore trois autres journées à parler, donc enchaînons de suite si vous le voulez bien !

Vendredi

How to become a teacher when you are a voice actor? That is the question…

Ah la la, vendredi, ça y est, les choses sérieuses commencent. Il y a déjà un peu plus de visiteurs que le jour précédent, ce qui est important à souligner, tant tous les moyens étaient bon pour éviter de me confronter à l’allée centrale durant la journée, en sachant très bien l’embouteillage auquel je serais inévitablement confronté. Et ça tombe bien, car dans la matinée, sur la scène Kuri, loin de ces bouchons, avait lieu la conférence de Arnaud Laurent, avec un titre sous forme de question « Comment qu’on fait une VF ? » ou « How to make a VF? » dans la langue de Shakespeare, qui est un titre plus glamour, reconnaissons-le. Avec quelques pointes d’humour et de montages plus ou moins réussis, Arnaud a pu expliqué comment s’effectuait le doublage et les différents acteurs impliqués dans ceux-ci. Que ce soit le rôle du client, de l’ayant droit qui fourni la version internationale piste M&E, celui de l’adaptateur, du directeur artistique, et bien évidemment des comédiens, en mettant le point sur certaines idées fausses que l’on peut entendre parfois, comme la confusion comédien/doubleur, mais aussi que le comédien sait à l’avance ce qu’il double, ce qui n’est que très rarement le cas en réalité. Bref, une belle conférence sur le doublage, qu’il serait vachement cool de proposer un de ses jours sous forme de vidéo YouTube, tant elle répond à pas mal de questions que beaucoup de personnes intéressés par le doublage peuvent se poser.

En parlant de doublage toujours, l’heure est venue d’aborder le studio Abysse et leur conférence qu’ils ont donné un peu avant midi. En effet, leur cas est intéressant, dans la mesure où il s’agit d’une société de doublage fraichement crée par des comédiens professionnels, des adaptateurs et un ingénieur du son afin de proposer des services en matière de post-synchronisation et de doublage destiné principalement au monde du web, et notamment sur les projets de fictions qui peuvent y fleurir. A l’initiative de cette nouvelle entreprise figurent des comédiens qui ont œuvré notamment au doublage de The Amazing Digital Circus, série d’animation diffusé sur YouTube et plus récemment sur Netflix. Comme pour la conférence d’Arnaud Laurent, la problématique tourne également autour de la fabrication d’une version française, à la différence que ce sont ici des comédiens plus néophytes qui évoquent leur parcours, avec forcément moins d’expérience qu’un Laurent présent depuis près d’une décennie, et pour certains venues au départ du milieu du doublage amateur, ce qui n’a d’ailleurs pas manqué de susciter quelques polémiques de certains comédiens un peu chafouin. A ce sujet, au-delà de la légitimité à s’exprimer qu’ils méritent amplement au vu de leur initiative, il est bon de rappeler que ce ne sont ni les premiers ni les derniers à être passer par là, avant de suivre une formation théâtrale, l’exemple du collectif Gotohwan dans les années 2000, comédiens amateurs devenues par la suite professionnel, qui ont également participé à Japan Expo eux aussi autrefois, sont là pour en témoigner.

Kazuhiko Torishima signant un autographe. On peut apercevoir Katsuyoshi Nakatsuru tout à gauche.

Cette petite précision ajouté, et après un repas et une interview pour un futur projet à venir ici effectuée, la journée a été marqué par les deux conférences autour de Dragon Ball auxquelles j’ai pu assisté. La première fut consacrée à l’art de Katsuyoshi Nakatsuru, en compagnie de l’intéressé et de Kazuhiko Torishima, un des responsable éditoriaux qui a accompagné l’auteur du manga, Akira Toriyama. J’avoue que le passage bref consacré à Digimon m’a particulièrement frustré, dans la mesure où en tant que concepteur des personnages sur les quatres premières saisons, il a un été des acteurs sans qui la franchise ne serait pas ce qu’elle serait aujourd’hui, mais bon, ce n’était pas forcément le sujet ici, ce que je peux comprendre. Quoiqu’il en soit, voir une personne aussi talentueuse s’exprimer à Japan Expo montre à minima que si le festival est peut-être quelque peu à la traîne, ressassant les mêmes séries nostalgiques afin d’attirer un plus grand public, cela peut parfois donner du très bon, et c’est le cas ici, avec des invités qu’on n’entend pas forcément dans nos vertes contrées, et c’est le cas de cette artiste merveilleux qu’est Nakatsuru, adoubé par Toriyama pour ses designs à la fois fidèle au trait du maître mais aussi particulièrement bien adapté pour une production animée au très long cour comme l’a été Dragon Ball puis par la suite Dragon Ball Z.

La seconde conférence sur Dragon Ball n’était certes pas du même acabit, d’autant que le sujet annoncée, à savoir l’initiation à l’art de la transformation, n’a pas vraiment été respecté, puisqu’il a été plus question, dans le fond, de ce qui fait de Dragon Ball et de son personnage principal Son Goku une œuvre qui traverse les époques et les continents, jusqu’à nous. Et pour cela, qui de mieux, en plus des deux interlocuteurs précédents, que le formidable Patrick Borg, la voix de Son Goku, pour répondre à cette question. Curieux, avide de réponses, mais n’hésitant pas également à répondre avec franchise aux interrogations que pouvaient se poser les deux invités japonais sur la façon dont Dragon Ball avait été reçu en France, l’échange fut sans aucun doute passionnant, que ce soit pour eux comme pour le public qui a vécu cette rencontre avec intérêt, bien que certaines réponses soient restés d’une part comme de l’autre assez superficielle. Sans doute qu’un invité spécialisé connaissant l’histoire de Dragon Ball en France ou au Japon aurait pu permettre d’ajouter plus de contextes et de précision de part et d’autre, mais c’est sûr qu’entre le traducteur et le présentateur, ce n’était pas évident de caler une personne de plus. Dommage, mais si la rencontre restera sans aucun doute un très bon souvenir pour ceux qui l’auront vécu, moi le premier.

Voilà, pour cette seconde journée à Japan Expo, assez chargé, je dois bien le reconnaître, même si elles furent l’occasion une nouvelle fois de rencontres formidables, notamment avec Fabthehedgehog que j’aurai pu rencontrer cette fois-ci, contrairement à Jonetsu, où l’on s’est croisé sans le savoir x). M’enfin, enchaînons, car si je ne suis pas parti en avance un mardi, voici qu’arrive tout de même le week-end !

Samedi

Samedi, la journée où tout le monde vient à Japan Expo, la plus chargé pour votre serviteur, mais il a quand même pu respirer un peu en début de matinée, surtout en repensant à la petite surprise du jour précédent qu’il avait oublier de préciser. En effet, le studio Khara, fondé par Hideaki Anno, le réalisateur de la franchise Neon Genesis Evangelion, avait réservé un petit court-métrage diffusé en exclusivité à Japan Expo. Ce court-métrage, c’était une courte production animée adaptant le prologue du manga Chocolat et Vanilla, écrit et dessiné par…Moyoko Anno. Cette production s’est doublé d’une annonce des plus fracassantes, car une production animée adaptant cette fois-ci le manga était désormais d’actualité, et prévue pour l’année prochaine. Et il est vrai que si je n’ai pas suivi assidument, contrairement à beaucoup de monde manifestement, l’ancienne adaptation animée du studio Pierrot diffusée à la télévision chez nous, je crois bien que l’occasion de rattraper ce manque s’annonce plus prioritaire que jamais au vu de la nouvelle adaptation qui se dessine. Dessiné justement, c’est la question car si ce court-métrage et le futur projet animée m’a intrigué, c’est également pour son mélange entre des décors 2D assez sublimes sur certains passages, et des animations des personnages et des gros objets entièrement en image de synthèse, une CGI qui ne cherche pas le photoréalisme à rebours de pas mal de productions faites par le passé, avec un aspect cartoon pas déplaisant, même si on distingue, de-ci de-là, une certaine rigidité qui n’augure pas forcément du bon, d’autant que le studio Khara reste un petit studio l’air de rien, bien que des partenariats avec de plus grosses structures comme Production I.G semble se dessiner, avec l’arrivée de Hideaki Anno en tant que directeur dans cette grande maison de l’animation japonaise.

Takeshi Koike (à gauche) et Yû Kiyozono lors de la conférence Lupin III.

Et puisqu’on parle de grande maison de l’animation, l’occasion est trop belle pour ne pas parler de TMS et de leur dernier long-métrage qui sort en septembre 2025 chez Eurozoom, à savoir un énième opus de la saga Lupin III, intitulé sobrement Lupin The IIIrd The Movie : La Lignée Eternelle. Et pour en parler, quoi de mieux que d’inviter Takeshi Koike, qui a déjà réalisé plusieurs longs-métrages sur la franchise, et dont La lignée immortelle se veut être la conclusion de son travail en tant que réalisateur. A ses côtés, il y avait également Yû Kiyozono, le producteur que l’on peut considéré comme l’investigateur des nouveaux projets très créatifs sur la licence que l’on a connu depuis les années 2010. Une femme nommée Fujiko Mime, c’était déjà lui à la production, les Partie IV, V et leurs dérivés, également, sans oublier Lupin Zero et forcément les films précédents de Takeshi Koike. La discussion fut passionnante, mené d’une main de maître par le journaliste Valentin Paquot, évoquant évidemment ce qui a été fait précédemment sur la franchise, le tout entrecoupé d’un court extrait de La Lignée Éternelle, l’occasion de souhaiter que ce film connaisse un très bon succès, de manière à permettre l’édition de nouvelles œuvres inédites sur la franchise chez nous, et bien évidemment de nouveaux doublages, comme par exemple l’excellente version française de Lupin III Part IV – L’Aventure Italienne, diffusé récemment sur la chaîne Mangas.

Pour rester sur les nouveaux doublages, le samedi de Japan Expo 2025, c’est aussi celui de l’annonce de la tant attendu version française, celle qui aura été réclamé à corps et à cris sur les internets, mené notamment par un forceur avec le numéro de département de l’Essonne qui se reconnaîtra, mais qui aura surtout profité d’une fenêtre d’opportunité d’une chance rarement égalée pour être produite, je parle bien évidemment de Yu-Gi-Oh! – The Dark Side of Dimensions. Vous vous doutez bien, la conférence qui s’est déroulé sur la scène Také n’a pas tourné autour de ça, la discussion avec des champions français du jeu de cartes et les ouvertures de boosters en live constituant le cœur de celle-ci ! Cela dit, la présence de Laurent Sao, la voix de Yugi dans l’animé, et celle de Nessym Guetat (Seto Kaiba) fut un petit plaisir y compris dans ses passages, les deux partageant une curiosité et un intérêt sincère pour ce qui se fait autour de la licence. Leur duel de revanche épique, fait sur la bande rythmo du film DSOD, suivi de l’annonce de la VF, aura entraîné une ambiance électrique comme on en voit rarement à Japan Expo, et je ne peux qu’apprécier l’idée d’avoir annoncé la VF ici et pas ailleurs et qu’ADN mette immédiatement à disposition le film sur leur plateforme. Et puisqu’on parle doublage, il y a quand même eu une autre plus modeste conférence sur un animé assez populaire, un certain Jujutsu Kaisen, en présence de Hervé Grull, la voix de Yuji, Alexandre Nguyen, la voix de Yuuta Okkotsu, le protagoniste de Jujutsu Kaisen 0, Martial Le Minoux, la voix de Geto, l’antagoniste principal du manga, sans oublier Mélanie Anne, la directrice artistique qui aura proposé ce casting, et sans qui ce travail n’aurait pas été possible. L’échange, brillamment mené par Manon Maroufi, fut assez intéressant et suivre, même si les questions n’ont pas tant porter sur l’aspect technique que sur le ressenti des comédiens quand il entre dans la peau de leurs personnages, le tout, avec un peu d’humour et de fanboyisme (et ça se comprend). Merci en tout cas à l’association Kanimy pour cette initiative, et aux comédiens pour leurs réponses, et les discussions qui se sont faite suite à la conférence.

La conférence sur le Blu-ray avec, de gauche à droite, Pascal Benattar, Timothy Killian, Esteves Nelson et Thomas Martin (Gorkab)

Puisqu’on est toujours sur la même scène Nezumi, en beaucoup plus petit comité cependant, parlons de la conférence de Tanuko qui a tourné autour de la possible mort du support physique. Dans les faits, la question me semblait assez intéressante à aborder de par le parcours des les trois acteurs présents, Kana Home Vidéo, représenté par Pascal Benattar, s’étant retiré du marché Blu-ray, et n’éditant plus que Naruto et One Piece en DVD. Quand à Tanuko, représenté ici par Esteves Nelson, ils sont encore un tout jeune éditeur, qui n’a sorti à ce jour que Golgo 13, et s’apprête à sortir trois autres titres. Quand à Alltheanime, représenté par Timothy Killian, ils sont sans doute l’éditeur qui s’en sort le mieux économiquement sur le Blu-ray, et qui, malgré les polémiques sur les prix parfois excessifs pratiqués, se sont très bien développé, avec des nouveaux titres régulièrement au catalogue, en Blu-ray voire en Blu-ray Ultra HD pour certaines œuvres populaires comme Your Name ou Les Enfants du Temps. La confrontation des points de vues et des expériences respectives était sans aucun doute instructive, et permet de voir que les perspectives de développement sur ce secteur nécessite des approches parfois pragmatiques, et que tout le monde, de par la politique éditoriale et leurs objectifs respectifs, ne s’y retrouve pas forcément.

Un samedi qui fut donc riche une fois de plus en conférences et en discussions, sans oublier la rencontre avec Patrick Borg en toute fin de journée, où j’ai pu brièvement discuté avec lui à propos d’un article à venir, pour le remercier de sa participation et de l’entretien que j’ai pu avoir avec lui et son fils. Cela étant dit, venons en à la dernière journée.

Dimanche

Journée assez courte pour moi, étant donné que je devais rentrer en début d’après-midi. Je ne sais pas si j’ai assez forcé assez avec cette série sur les réseaux sociaux, mais en avril dernier débuta une petite série d’une franchise absolument méconnu, Gundam GQuuuuuuX. Mouais, ça doit vous dire rien du tout, va falloir vraiment que j’en reparle un de ses jours. Quoiqu’il en soit, cette matinée, c’était l’occasion, sur la scène Yuzu, de revenir sur cette production, en compagnie des trois grands noms qui ont porté le projet à bout de bras. Kazuya Tsurumaki, le réalisateur de la série, Yoji Enokido, le scénariste de la quasi-totalité de cette œuvre (Hideaki Anno ne s’étant occupé que de la partie flashback) et enfin Mahiro Maeda, qui s’est occupé du storyboard sur les épisodes 2,5 et 7, en plus de réaliser des designs sur l’épisode 1, ainsi que quelques animations clés tout du long de la série. L’entretien fut rondement mené, à l’aide d’un traducteur japonais-français très compétent, et fut interrompu brièvement par la projection de la version en long-métrage des 3 premiers épisodes, qui avaient été diffusé le 15 et le 16 mars dernier dans les salles obscures de l’hexagone. Ça m’a permis au passage de vérifier les quelques différences entre la version cinéma et télévisé, au delà des déplacements de certains passages, et la suppression de la présentation de l’univers que l’on avait dans la version cinéma, comme par exemple la non présence d’un certain personnage quand se déclenche un évènement entraînant la disparition d’un personnage culte de la franchise, pour ne pas en dire plus. Enfin bref, c’était un bon moyen de pouvoir questionner les créateurs sur certaines questions restées en suspens sur la série, malheureusement, l’échange fut principalement de l’intervieweur aux interviewés, et le public ne fut que spectateur de ce moment privilégié, ce qui est quelque peut regrettable.

Le studio Abysse possède également un site internet, que je vous invite à consulter pour en savoir plus sur leurs réalisations.

En parlant de choses qui le sont moins, j’ai pu assisté à la seconde conférence doublage du studio Abysse, qui était cette fois-ci plus axé sur le parcours de comédiens, adaptateurs et ingénieurs du son de chacun des membres, qui les ont amenés à se professionnaliser, après avoir eu des carrières dans la scène amateur. Malheureusement, pas grand chose de nouveau n’ont été dit que je ne savais déjà, sachant que j’avais pu discuter rapidement avec les intéressés quelques jours auparavant, et que leur parcours m’était déjà connu, par le biais de plusieurs discussions avec des voxophiles renseignés ou des vidéos que j’ai pu regardé à l’occasion. Cela dit, j’apprécie cette proposition de Japan Expo de les mettre en avant, ainsi que ceux qui ont participé à la VF de The Amazing Digital Circus, dans la mesure où leur parcours mérite d’être connu, et peut s’avérer être une source d’inspiration pour tout jeune comédien venant à débuter dans le monde du doublage.

Enfin, le début d’après-midi fut marqué par les dernières discussions que j’ai pu faire avec certains propriétaires de stands, notamment un en particulier que je salue au passage pour le temps qu’il m’a gentiment accordé. Je n’entrerai pas dans les détails de la discussion, mais ces dernières lignes me permettent de remercier chacun et chacune pour les réponses qu’ils ou elles ont pu m’apporter, que ce soit par exemple sur le coût de fabrication d’un doublage, les contraintes au niveau des droits, la nécessité de s’associer avec les plateformes proposant des services de vidéos à la demande, sachant que toutes et toutes ne sont pas coopératives concernant les droits leur appartenant (peut-être que l’on y reviendra un jour dans un bilan sur l’année qui sait ?), et j’oublie sans doute d’autres sujets.

Et c’est ainsi qu’après cette dernière discussion, je repartis en RER (juste avant que celui-ci ne soit bloqué par un arbre, paye ta chance !) puis en train, de retour vers mon humble appartement !

Bilan

Japan Expo, c’est indéniablement toujours le lieu principal de rencontres pour les journalistes, pour les gros et petits commerces en lien avec la culture japonaise, mais aussi pour les curieux qui y viennent pour une fois de leur vie. Les conférences proposés peuvent sans doute intéressés les connaisseurs, et je ne parle pas des fans de Blu-ray et de doublage comme moi, sans oublier les rencontres avec les professionnels du milieu que vous pouvez y faire, et les discussions qui peuvent s’en suivre. Cela dit, comme le font remarquer beaucoup, pour le visiteur moyen qui est juste venu là pour se divertir et profiter de ce qui l’intéresse, l’idée de venir sur les quatre jours que durent le festival ne présente qu’assez peu d’intérêt, d’autant que sur la journée, tout ne va pas forcément l’intéresser, il va peut-être regarder deux trois choses qui l’intéresse, acheter quelque chose si il le souhaite, mais c’est tout, même si j’oublie aussi les stands de fédérations d’arts martiaux et de Go, qui étaient une fois de plus présent au festival. Par ailleurs, en autre point discutable, les projections de films ou d’épisodes sont rares et se font généralement en début de soirée, soit au moment où la plupart des visiteurs partent, pour différentes raisons. Un peu dommage quand même, quand l’animé constitue tout de même le pilier de la culture japonaise dont l’expo se fait la vitrine. Sans doute que la concurrence avec la Dokomi de Dusseldorf, qui a réussi, cette année, en trois jour seulement, à faire un peu plus en nombre de visiteurs, permettra peut-être d’améliorer les choses, et surtout le confort des visiteurs, même si c’est certainement compliqué au niveau tarifaire. L’avenir nous le dira…

Voilà pour ce petit bilan de ma Japan Expo et ce tour d’horizon un peu tardif, vacances oblige. J’espère en tout cas que cela vous plaira, et on se retrouve à la rentrée, si tout va bien, pour un nouvel article plus exotique autour de Ghibli, à l’occasion de la sortie nationale en 4K de Princesse Mononoké le 27 août prochain. Bonne journée ou bonne soirée, tout dépend de l’heure où vous lisez cet article, et à la prochaine très très vite, on croise les doigts une fois de plus !

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